A 11 km de la frontière française, la ville belge de Courtrai compte quarante et une maisons du 17e siècle, blanchies à la chaux, et blotties dans les ruelles pavées de son centre historique de Courtrai.

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C'est un ensemble architectural surnommé Béguinage, en raison de l'établissement d'une communauté autonome de religieuses, celle des Béguines vivant ensemble.

 Les béguines, ces femmes souvent veuves  qui consacraient leur vie à Dieu sans pour autant se retirer du monde, fondèrent au XIIIe siècle ces béguinages, ces ensembles clos répondant à leurs besoins spirituels et matériels.

Les béguinages flamands forment des ensembles architecturaux composés de maisons,de jardins,  d’églises, de dépendances organisés suivant une conception spatiale d’origine urbaine ou rurale et construits dans les styles spécifiques à la région culturelle flamande. Ils constituent un témoignage exceptionnel de la tradition des béguines qui s’est développée dans le nord-ouest de l’Europe au Moyen Âge (Allemagne, Hollande ....) 

Courtrai, un Béguinage au centre-ville

En pleine ville, ce quartier inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO où l'on flâne, on croise un gars assis sur une chaise lisant son journal du matin ou même un jeune couple de 16 ans s'embrassant fougueusement sur un banc plublic (manifestement ces deux là avaient le béguin, coiffés ce jour là par le ciel bleu qui, sur eux, s'allongeait),

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au calme, en visitant les chapelles Saint-Mathieu et des Comtes, la tour d'Artillerie, un château d'eau conservé comme un vestige des fortifications médiévales.

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Le béguinage Sainte-Elisabeth de Courtrai a été fondé en 1238 par la contesse de Flandres Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut, fille ainée de l'empereur Baudouin de Constantinople et de Marie de Champagne ( à votre santé), qui a sa statue posée sur son socle de briques rouges. 

Cet espace religieux fait partie des 13 béguinages fondés en Flandre au XIIIème siècle (Gand le plus grand, Bruges ....) Ce mouvement fait échos au renouveau religieux que connut l’Europe occidentale à cette époque et qui se traduisit de plusieurs façons chez les femmes : nombre d’entre elles choisirent de prononcer leurs vœux et d’entrer dans les ordres, d’autres firent le choix de vivre religieusement mais sans se retirer entièrement du monde, conservant leur liberté de mouvement et donnant ainsi lieu aux béguinages. Elles pouvaient également revenir sur leur engagement. Leur vie était consacrée à la prière et au soin des malades. Ces lieux de paix répondaient à une organisation bien définie et à des règles propres. Entourés de murs ou de tranchées ils constituaient un espace à part qui ne s’ouvrait au monde extérieur que dans la journée. Ils s’organisaient autour d’un modèle urbain reflétant la ville médiévale dans laquelle ils se situaient ou bien autour d’une cour interne encerclée de maisons.

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Une béguine élue sous le nom de « La grande Dame » était en charge de la direction du béguinage. Cette communauté fut progressivement remise en cause et sérieusement menacée à partir du XIVème siècle mais on peut toujours s'y promener et ici on ne s'ennuie pas!.