Humanisme

23 octobre 2017

Tranche de Now

   Histoire de Temps, Histoire de Verbe et de Mouvement, Histoire de Positions et de Regards, de Flux et de Tourbillon dans le Voyage aléatoire du Fleuve de la Vie. Sommes nul part, sommes partout, étions, fûmes et serons. Scalpel, celui-là, maintenant Cerveau unique découpant en tranche la mie, se découpant comme un mille-feuille Proustien, le bloc Réel. Les tranches de Now savent qu’elles savent à peine, essaient des équations, toujours à reformuler, ça tremble !

   Le Temps comme à travers un Vin, trouble Rhin  sur un Mai d’ Apollinaire ! Sans le Temps, rien ne va ! La flèche depuis Big ne se dit que par accumulation de Distance et de Chaos, en trop pies des vaches dans l’éclatement de l’Univers : Verbe des actions, Ben y peut si peu!   

   Mesure montre un jeu, un Accord, un Semblant, comme une possibilité de rencontre. Billes de billard, toisant, s’entrechoquant, trop tôt, trop tard,  étonnées, accidentées.

Tranche de Now, par toutes ces cuisines, aux sauces inégales !

Ah, vous étiez là !

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"Tranche de now" huile sur feutre 80X 130 spacemat  

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22 octobre 2017

Jean François Millet

   Un Instant infini de pur bonheur, à cette exposition du palais des beaux arts de Lille, en ce samedi venteux où les nuages jouent à cache cache avec le soleil, comme dans ce printemps de Millet, au ciel éclairé d'un arc multicolore.

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Millet (1817-1875), le génie, a saisi la vie dans toute sa réalité intemporelle, la couleur, le dessin, la composition. Le même ciel étoilé, un peu plus noir et moins pollué qu'aujourd'hui et qu'on regarde comme si c'était aujourd'hui. Millet n'a pas de date et renvoie la photo à l'industrie qui passe et passera si l' Homme doit vivre. Chez Millet, il y a la tragédie humaine, les grimaces  et l'enfant bercé aprés la becquée, la douceur et la douleur, le règne animal Del Amo et le cochon qui va mourir égorgé comme dans un sacrifice sacré, non , il ne veut pas !. Tout est vrai, penché épuisé sur la houe du travail. La couleur, la couleur, la couleur, le dessin tout est parfait ! Même l'Angélus pourrait être l'arrêt dans le silence recueilli d'une nouvelle barbarie.Chez Millet, pas d'iris, mais de simples marguerites, fleurs qui n'ont rien à envier à celle d'un Vangogh. Millet saisit, courez-y vite !  

 

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21 octobre 2017

Aprés le bain ...

   Dans la mer du nord, la température de l'eau n'était pas élevée, entre douze et treize degrés, le 13 juillet 1907. Je ne m'étais pas baignée nue, personne ne m'avais vu d'ailleurs , j'étais descendue par derrière, directement dans l'eau salée,de ma roulotte de bois magnifique, neuve. Au loin un navire à voile sans regard, se promenait.Vingt minutes dans l'eau froide, je passais tous les matins, la plage de Boulogne sur mer, la Gesoriacum  et ses termes de ville me tournaient le dos ...J'étais bien, je nageais, les cheveux déliés.

Par ce franc soleil de Juillet, la mer était d'opale, l'eau clair d'un  torrent  d'Auvergne. Vingt minutes dans cette baignoire sans fond, poignet sur Douvres, le sel faisait savon.

Et puis j'étais remontée dans mon chariot par la petite échelle en chêne, rongée par le sel. Ma peau piquait, mais c'était bon. Un grand goéland, ramure blanche et bec jaune me regardait indécemment. Assise, à même le bois, j'avais repris ma lecture de La vie demeure de John Wastrek, la gazette, le bruit des poudres, ne m'intéressait pas, je lisais.

 

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La roulotte dansait sur le sable, île flottante. Je lisais, les lignes en vague de Virginia. J'étais partie pleurante, depuis les coteaux du mont d'Ostrove perchés en haut de la rivière Liane. Père s'était fâché rouge. J'avais tranché à pleine dent d'adolescente le sérail par un petit amour indigne et  naissant.. . Une jeune  fille blonde d'en bas, du port, d'un testicule de marins buveurs et vulgaires   , imaginez ! Sur le plancher magnifique, reposait un canon Renoir, d'une Beauté qui me touchait. La Beauté me touchait, en retour, en amie, je voulais la toucher. Le roman courait sur une histoire de ces germes là, la vie comme un ru devait couler, filer partout, saumon vers sa source de jouvence. La mer me portait un œil complice, indifférente à la morale des autres. Ici en 1907, je pourrais, protégée par l'essence de ce beau bois, faire l'amour avec une jeune fille de trois ans mon aînée, belle comme un port aux lèvres et bras ouverts.

Elle aimait que je lui lise, l'école n'était pas passer par elle, le filetage de son esprit,  à longueur de jour, de quatre heures aube à cinq heures soir, était celui des harengs de Capecure .

Demain la mer nous porterait, lierait la force d'amour d'un amour naissant et interdit.

Le livre le disait, le siècle était à nous pour nager, ensemble et  enlacées dans l' Opale libre. 

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20 octobre 2017

« A la trappe »

La Grande salle d’ Empirie.

Grand Capital, Femme du Grand Capital, Police, Militaire, Ministre du Travail, Ex ministre 1, ex ministre 2, Ouvriers enchainés, greffiers

 

Grande Capital, -  Apportez la caisse à ouvriers et le crochet à ouvriers et le couteau à ouvriers et le bouquin à ouvrier ! Ensuite faites avancer les ouvriers.

            (On pousse brutalement les ouvriers.)

Femme du Grand Capital, - fais toi plaisir, Grand Capital.

Grand Capital, - J’ai l’honneur de vous annoncer que pour enrichir l’empire je  vais faire périr tous les Ouvriers et prendre leurs cervelas.

Ouvriers, - Horreur ! A nous, peuple, soldats !

Grand capital, - Amenez le premier Ouvrier et passez- moi le crochet à ouvriers. Ceux qui seront condamnés à mort, je les passerai dans la trappe, ils tomberont dans les sous-sols à Broyat et la chambre à sous. (A l’Ouvrier) Qui es-tu sac à merde ?

L’ouvrier. – Ouvrier de Gandrange.

Grand Capital, - De combien sont tes revenus ?

L’Ouvrier, -  J’ai plus rien

Grand Capital. – Condamné !

               (Il le  prend avec le crochet et le passe dans le trou)

            Femme du grand Capital. – Quelle belle férocité !

            Grand Capital. – Second Ouvrier, qui es-tu ? (l’ouvrier ne répond rien.) Répondras-tu triple porc

            L’Ouvrier. – Ouvrier de Florange

            Grand Capital. Excellent ! Excellent ! Je n’en demande pas plus long, c’était quoi cette plaque de marbre à promesse ? Attention ! A la trappe ! Troisième Ouvrier qui es-tu ? Tu as une sale gueule

            L’ouvrier. – Ouvrier de Partout, intérimaire, Contractuel, Remplaçant

            Grand Capital. – Très bien ! Très bien tu n’as rien autre chose ?

            L’Ouvrier – Rien.

            Ministre du Travail – Fainéant la moitié de l’année, suceur de roue, assisté de la Courneuve, étrangers de Kabylie.

Grand Capital. – Dans la trappe, alors. Quatrième ouvrier, qui es-tu ?

L’ouvrier. – Ouvrier Peugeot, mon général.

Grand Capital. – Quels sont tes revenus ?

L’ouvrier.- Je suis viré.

Grand Capital. – Pour cette mauvaise parole, passe dans la trappe. Cinquième Ouvrier qui es-tu ?

L’Ouvrier.  Ouvrier syndiqué Renault.

Grand Capital. – Ô le vilain, ça n’est pas lourd. Tu n’as rien autre chose ? – « 

Ex ministre 1, ex ministre 2, ensemble moitié chantant «  Pour mes tableaux, pour mes tableaux, Pour ma Suisse, s’il vous plait »

L’ouvrier. – Cela me suffisait.

Grand Capital. – Eh bien, mieux  vaut peu que rien. Dans la Trappe. Qu’as-tu à glousser mère Capital ?

Femme du Grand Capital. – Je jouis, c’est trop bon jouir, Grand Capital, vit, vit, plus fort avant, mon capital adoré, mon … ah, ah, ah, ah, aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

Grand Capital. – Eh ! Ma caisse grossie. Je vais me faire lire Ma liste de Mes biens. Greffier Ma liste de Mes biens.

Le greffier : Ouvrier de l’Hôpital public

Grand Capital : Commence par les privés, stupide bouffre, viens là que je te perce les oneilles !

Le greffier : Ouvrier de Vilvorde, de Renault, Petroplus, Gandrange, Florange, Ice Tea, Lovic, Courtrace, Marcoule, Olver, Fibrôme, Arthus, Vercourt, Whirlpool, GMF …

Grand Capital : Mais encore ?

Le greffier : Cà n’est pas tout !

Grand Capital : Encore plus, en avant les ouvriers, je vais faire exécuter tous les ouvriers, présenter les ventres. Allez, passez les ouvriers dans la trappe. (On empile les ouvriers dans la trappe).Dépêchez-vous plus vite, je veux faire des lois maintenant ….

 

Spacemat, le capital roi, variation surr Jarry (1873-1907)

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19 octobre 2017

Lettre à Madame la Mort

Lettre à Madame la Mort

Madame , avec tout le respect que je vous dois,
je vous demande de cesser de prendre les enfants
Je vous demande de cesser de prendre des jeunes gens
vivants dans des âges dérisoires, trop tôt pour partir
d’ailleurs on ne sait où ?

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je vous demande de cesser de nous importuner à toute heure
sans prévenir : vous êtes toujours de trop et vous vous imposer
dans les moindres recoins de nos vies ; faites une pause
le cours du temps n’en sera pas changé !
n’avez vous donc rien à faire des pleurs des petits enfants
des mamans désœuvrées, des papas bouleversés.
Venez sur terre dans ces moments là : toutes ces douleurs en flot
toute cette vous même qui se répand partout
A moins que de vous voir dans ces miroirs absurdes
Vous n’ayez peur et tombiez en auto désuétude ?
Madame, avec tout le respect que je vous dois
Je vous demande de cesser de vivre
Je vous demande de mourir
Je vous demande
...

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18 octobre 2017

L’expérience : de Montaigne en Valéry et puis ...

Pourquoi donc faut-il souvent, toujours, répéter les mêmes bêtises quand comme Montaigne de l’expérience  que nous avons de nous, nous pourrions assez trouver de quoi nous faire sage ? Et Paul Valéry nous souffle que le savoir est un degré et que le vrai savoir est celui qui peut se changer en être, en substance d’être, en acte.

Au bout du bout, que choisis-je, après cette longue expérience de soi, se faire sage ?

Quel serait donc ce désir de choisir quelque chose, quelqu’un  qui ne serait plus tout à fait soi ?

Dans les jeux de miroir et les bandes de la table du billard,  Autre n’est-il pas,  un Je comme les autres !

L’expérience est-elle un cheveu dans une tête bouclée, quelques cailloux blancs sur un long chemin perdu.

Un Buridan de Béthune  devant sa fourche et tournant les talons ?

Si le chemin de Machado se fait en marchant alors se ferme-t-il, derrière nous, comme une mer rouge ou  un tapis de neige couvrant les pas ?

Sommes-nous perdus ?

Et la sagesse est-elle une petite mort dans une tour en ivoire de  Guyenne ou ailleurs sur la vague en regard d'un cimetière marin, un rien qui se serait arrêté ? Plier ses bagages avec un seul billet allez ? Un monde fini venu dans la fraicheur d’un vieux matin  ?

J’ être de soie , Lumière !

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17 octobre 2017

Downloading, uploading and cyborg

   Lecteur, vous connaissez notre  position sur les hadopistes en costume bleu-marine, cerveau de début XXème, défenseurs des chargés de mallette en million, de ceux qui ont « sexe et argent au cœur de leur système (vous voyez de qui je parle, n’est-ce pas), neurones à myéline  nourris au foie gras et au caviar.

Ici nous avons un brin de sympathie, pour « Hacker-School » : vous le savez !

Mais demain, tout cela est déjà de biens vieilles histoires, nous travaillerons tous dans nos petits ateliers à la Zückerberg (Montagne de sucre) et en cyborg, capable dans nos graphes neuronaux remaniés, de downloader et uploader tous les films, à peine ébauchés de toutes les consciences.

 Ici, vous le savez, on télécharge des événements qui n’ont pas encore eu lieu, longues tentacules de pieuvre déjà posées dans le futur. On est génial, demandez-le, je vous direz tout, des ziggourats d’Arabie, en Nostradamus de Provence. Ecole de l’air, salon de Provence, c’est des ratés !

Nietzche était malade, sortit masquer c’est terminé. Nous connaissons déjà nos cyborg, et ici, en vérité nous vous le disons, demain n’est pas plus étranger qu’hier !

C’est Minsky qui avait déjà commencé le boulot, le petit malin, avec ces histoires d’intelligence artificielle, mais la question de Pascal reste d’actualité : «  quelle chimère… », Un petit robot.

Nous n’avons pas tout vu, et le réel est une application de l’imagination.

Qu’est -ce que la mort ? Au physique c’est OK, mais avec la  tuyauterie de nos chirurgiens soudeurs, tout est possible !

A l’esprit, c’est bien parti, quand tout notre être se résout en fractales siliconées, l’âme ne meurt plus et il est sans doute vrai que Jésus ai marché sur l’eau : le visionnaire !!! 

Demain, tous sur l’eau nous marcherons, croyez en moi, 9 milliards de Dieu sur la Terre !

Non, le Père Noël n’a pas été brûlé à Dijon en 1951, Lévi-Strauss est de mon avis !

Si nous croisons Eastwood, ça nous arrive, je download direct, rien qu’à son regard, son prochain film, je vois mieux clair en lui qu’il ne le fait, je le surprends !

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Les trois belles barrettes de conscience greffées en annexe A de notre  cerveau droit (celui des émotions et de Sophie Marceau, pour les seins qu’aime Alain Souchon) sont faites d’un matériau neuf, la lumière et sa vitesse normale sont ridicules.

A gauche, nous greffons d’un ami, treize neurones, c’est un abime de science, à la … Non pas tout à fait Rabelais, quoi que !

 

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16 octobre 2017

Flux tendu

   Avant toute enquête, il est intéressant d’entendre dans la bouche sérieuse, tiroir-caisse et compteuse analytique du directeur de l’hôpital-maternité, les mots bien limés du vocabulaire de l’industrie, une industrie humaine de la naissance. Ici on travaille comme chez Renault, en flux tendu, juste à temps, 0 défauts et qualité totale !

L’hôpital doit être rentable, sur la chaine des poupons ou des poumons, c’est lowcost et compagnie.

Modernité !

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15 octobre 2017

Des Ombres et des Lumières

Malgré les noirceurs, les catacombes

Les tombes, les hécatombes

au bout du quai

Je sais que l’amour existe encore.

Malgré les jambes au tremblement

Les bords du vide, le silence, les sifflements,

Une clairière : l’Amour existe encore !

Suffira-t-il de voir le monde  noir

Avec les yeux du sombre et des mouroirs

Au bout du quai

Toutes ces petites lumières

l’amour existe encore.

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spacemat

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14 octobre 2017

Catesby, Tresham & Fawkes

 

   Les fagots et les barils de « la conspiration des poudres » étaient prêts pour le 05 novembre 1605 dans les caves du parlement anglais, jour de son ouverture;  quasiment anonymous, des trois compères, Guy Fawkes au visage blanc  né à York en 1570, avec le conjuré Tresham, s’apprêtait à l’étincelle qui devait  faire sauter Jacques 1er …. .

   Le jeudi 04, le fils de John Shakespeare terminait, amer, la période désenchantée, la fin du règne d’Elisabeth. Un point final posé, sur son roi Lear et Cordélia , la pure .

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