Humanisme

17 mai 2018

Adélaïde et Tatiana (58)

[ Les personnages et les situations de ce récit étant purement réels, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes, ayant existé ou existeront ne saurait être que necessaire] 

Héléna ôta sa robe pour la deuxième fois en vingt-trois minutes pour laisser apparaitre son corps lumineux qui aurait valu une avalanche de lèches osées d’un Walesa décoincé. Les six jeunes filles s’arrêtèrent, aveuglées, leurs mains gauches en visière au bas du front, pour contempler, paupières entrouvertes, le soleil qui se levait comme au premier matin du monde. Ici tout était parfait et toutes mesures auraient été inutile et superflue : miss Podolie allait gagner le concours féminin et haut les seins.

100_0501

« C’est vrai que ce n’est pas du jeu, dit-elle, j’ai été élu miss Pologne sept fois, le jury n’a pas eu besoin de tourner sa langue, deux membres sont morts d’une crise cardiaque, scotchés en me lorgnant, brulés au troisième degré, je sais que j’ai des atouts mais je reste modeste, je veux bien jouer chambre cent-treize ».

Elles reprirent le chemin vers le château labyrinthique, toutes accompagnées de leurs jolies jambes, ou Kafka irait dégoulinant de sueur, car ici l’arpentage irait fécond et s’amuserait sérieusement aux fontaines des désirs…

Ernesta Christine Messaline exerçait un empire absolu sur le château ; sortie tout droit de l’université avec son master de guide-conférencière dans la poche, elle attendait le petit groupe sur le perron qui culminait, après une ascension de seize marches. Des statues de toutes formes et de toutes couleurs quand le blanc, le rouge, le jaune, le noir, à égalité deviennent un métier sans complexes et seul expression magnifique de la diversité de la pierre siégeaient sur les bas-côtés en exhibant comme au bon vieux temps romain, mais ou Narcisse n’aurait rien eu à dire, leurs belles courbes d’Aphrodite dessinées dans la paume d’un Praxitèle déluré.

« Bon jour à toute, fit Ernesta Christine, au château, illuminée d’un sourire si large que trois jeunes enfants auraient pu tomber dedans, aussi large que la baie d’Audierne, en arrière de pont croix aurait paru ridicule.

« Bonjour ! » répondirent en chœur les sept filles à cette Blanche-neige romaine et moderne.

« Nous allons commencer par la chambre une, fit Ernesta, qui avait été prévenu des projets par Julia, ici Eugène Delacroix a couché trois nuits avec celle qui a guidé le peuple avec ses sémaphores braves et pointus, sa Fémen aux beaux seins. Delacroix, Génio pour les intimes, travaillaient les corps féminins beaucoup mieux que les chevaux, trois nuits, trois jours sans dormir, à cheval sur la République qui n’en pouvait plus » …

Posté par spacemat à 10:24 - Commentaires [0] - Permalien [#]


16 mai 2018

Au bout du temps...

 

Au bout du temps, il s’était demandé ce que l’on pouvait rencontrer ?  Autre chose que Lui ?

Cette espèce de noyau dur et fuyant et qu’est on autre qu’un bloc de solitude pesant, selon les fois, des millions de tonnes et qu’on ne peut bouger, tandis qu’ à d’autres moments des joies s’insinuent à tous les carrefours : c’est la naissance d’un enfant à onze heures trente quelque part dans la couveuse du monde.

   Il se demandait ce que l’on faisait de nos vies, vraiment, chacun enfermé dans les quatre murs de nos cerveaux pliants ? Des choses sans importance mais qu’est-ce donc qui est important ?

   Quand l’ Amour se met à nous douter, quand nous commençons à regarder, à nous poser des questions ? Quand la neige est vue blanche, nous n’avons pas réussi !

Mais que s’agissait il de réussir ? Savions nous ce que nous cherchions ? Nous étions arrivés ici, c’est tout et après, tout, tout était plus fort que nous : la vie surtout !

   Nous y allions, comme on lance une toupie sur un sol arrêté, et puis cette toupie s’arrêtait aussi. Cette vie qui est une toupie eque nous ne savons pas « combien fort » elle fût lancée. Et puis il y a eu tous les vents sur le lancer initial, vents freinant, vents accélerrant, vents tournoyant. Se regarder tourner : sur la piste d’autres toupies attirantes, répulsives, s’entrechoquant, et au toucher s’arrêtant, vite dans la passion.

   Alors que faire dans la nuit et même le jour ? Passer sans regarder, hautain et méprisant ? regarder ces gens, charpie de lumière dans les yeux, aveuglant !

Il dit, nous sommes mystère et tout est mystérieux. Ne savons nous pas ce que nous faisons ? Une fleur nous regarde, elle se tait et nous parlons sans comprendre le dixième du rien. Des mots avec des bouches prononcés, avec des doigts fabriqués, avec un œil au bout des doigts : pour voir !

Essayer encore un tas de lettres qui pourront être reprises, gardées, brûlées, jetées, déjectées. Que peut on faire ?

On s’occupe en mettant des corps dans des postures particulières, choisies peut être, imposées par le vent .

Le vent, c’est le vent seul qui ..., il balaie, nettoie, fait branler les certitudes et aussi la pluie, tirée de nos tristesses, argumentée par des nuages lointains.

Quand tout est noir, dedans, dehors, quand dehors fond sur dedans, qu’ils se mélangent, au point de ne plus savoir qui est premier ?

Troublé, troublant .

Où sommes nous ? maintenant mille penseurs ont essayé de le dire, pensées avant les mots, fort vite, avec cette avance du penseur, tricheur !

Tout a été dit, des synthèses ont été tenté et à chaque fois tout a été redit, quelquefois augmenté !

Pourtant des,des chemins, des clairières ont été oublié, des chemins fermés, des labyrinthes, où est le manger ?

Il laisse tomber des voies, elles n’existent pas, pas encore, météorites insensées ? Où est lumière : il s’est perdu sans paire d’ Ampère !

Le difficile, le non voulu, l’ obligatoire et les chenilles lourdes, ses rappels à l’ordre, ses punitions. Se plier dans des boues pressantes et sales, des boues collantes, des précipices fatigants !

Pleurer quelquefois sous un sol ou une baignoire blanche avec une télé pour oublier, loin de moi ! Continuer à tourner dans un coin isoler, s’immoler devant une belle personne.

Naître, comme Eglantine, front abritant de pensées, inconnues, bouche si petite et bien faite. Croisée des continents, le noir et le blanc mélangés.

Une possibilité, la naissance d’un soleil, d’une planète, d’un mystère, d’une Mrs Terre,Miss Terre avec son ombrella lumineuse !

Il n’ y a plus d’amour, son costume est grisé, pluie dans la poche droite qui inonde au voisin, pleurs dans ses yeux, pluie dans le passé qui fait faux-bonds !

Comment est-ce arrivé ? Comment est-ce parti ? Qu’est-ce que c’était ? Rien compris des solitudes croisées comme des fers amis !

Une foi de peut être, une tricherie véritable, un abandon merveilleux ! une joie !

Et puis tant de brindilles mouillées, bêtises, au feu de l’être, la surprise d’un bâton planté à la roue des rêves, un retour sur soi !  

Posté par spacemat à 11:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 mai 2018

Les oiseaux blessés

Ils portent des noms étranges ,

 ils transportent la douleur du monde dans tout leur être, dans leur sang

et  tout ce qui est fait et dit doit être compris,

éclairé à partir de la blessure fondamentale.

 Ils sont  cri, comme des revenants d’un autre monde, des fantômes, des

réincarnations qui, au fond, ne font que s’excuser d’être là.

Ils sont l’expression unique du pourquoi ?

parmi les hommes de la quête assoiffée de l ‘Amour.

Nous existons, nous voulons exister, plus que tout, contre tout,

et parfois ils s’y prennent mal, comme ces enfants battus qui

éperdument cherchent quelqu’un.

Ils sont les traqueurs du Mal, aux radars sensibles,

et qui pourtant parfois suscitent la haine. 

 Ils sont des oiseaux blessés, par excellence :

les blessures qu’ils portent, jusque dans leurs visages, leurs postures ,

identification totale à la blessure.

Blessure qui  réclame encore le couteau :

 Blessure qui devient couteau

Quand le couteau supérieur se retrouve

Couteau d’autres couteaux menaçants.

Ils se débattent pour la survie,

Contre l’étouffement, le cauchemar.

 Ils sont nés dans les mots pesés,

Dans les silences qui craquent de sens,

Rire est si difficile, si impossible.

Posté par spacemat à 07:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 mai 2018

Pourquoi donc la quitterait elle ...

 

Pourquoi donc la quitterait-elle, cette Terre, sur la

quelle elle se sent si bien ? Dans le lointain un navire

à trois mâts passent. Misaine blanche se secouant

comme un mouchoir semble faire un appel. Mais elle

ne bougera pas.Tous les appels, tous les signes,

maintenant la laissent indifférente. Elle ne fait que

regarder avec ses immenses yeux de sable sans

rétine. Le soleil, gonflé de toute sa lumière, joue avec

la vague, mains appelantes; mais ça n'y changera

rien!

100_9714

L'immobilité gagne doucement sur le crépuscule

qui s'avance : tout est figé et silencieux.

Merveilleusement silencieux ... 

Posté par spacemat à 07:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 mai 2018

Nos amours corsaires ...

Nos amours corsaires flottent

sur la vaste mer tourmentée

Ton navire ma belle majesté

Pirate mon rafiot loin des côtes

 

Tu plantes ton noir pavillon

Au mat de ce pont investi

Capitaine aux mérites soumis

Matelot sans coque ni sillon

 

Pourtant les blanches écumes signent

La mer tourbillon de couleur

La grand voile se gonfle digne

Je brique ton corps Ô mon coeur

 

spacemat

 

000_0385

A Saint-Malo

Posté par spacemat à 08:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]


12 mai 2018

Reporting

 

Nous avons passé huit heures à remplir des tableaux.

Les tableaux en voulaient toujours plus, des chiffres

les yeux fatigués  multipliaient  les pages, en flou ,

comme les petits pains de Cana.

Nous avons bien Robota de Kapek.

L'abruti en gestion qui n'avait à peu prés pas de main

et pas de communication technique .... mais une armoire à Tableaux ...

Voulait des Tableaux, des Tableaux, des Tableaux ...

Nous lui donnâmes à manger du Tableau,

Tableau noir et Tableau blanc

Tableau à lignes ajoutées

Tableau à colonnes supprimées

du beau tableau, du grand, de l' excellent, avec calcul incorporé, comme du foin d' âne mais

De trés, trés beaux tableaux, plein de tableaux avec des 1,2, 3 ... et puis des

nombres magnifiques avec Variance, test  et écart type.

Le Dimanche, Le gestionnaire a fait :

Une indigestion, une  gasbleau entérite et un burn-out,

un !

Posté par spacemat à 08:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 mai 2018

Mon cœur nage dans le sang

Bach - Cantate BWV 199 - Mein Herze schwimmt in Blut

Posté par spacemat à 07:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 mai 2018

Adélaïde et Tatiana (57)

Eléonore avait poussé de petits cris de jeunes chats tigrés comme chez Colette. A chaque instant leurs clitoris se gonflaient d’amour, leurs cœurs battaient comme de petits oiseaux tombés du nid. A quinze heures trente-deux, elles étaient devant les ruines de l’abbaye où les attendaient les cinq femmes qui terminaient leur salutation à leur propre soleil sexuel. Toutes étaient rhabillées, pas une petite culotte ne trainait au sol.

« Bon début » commenta madame Shik O Wen dont les beaux seins pointaient à travers le kimono rouge comme ceux de Chloé Nabedian, avant vingt heures et juste après.

« C’était très bien » renchérit Julia qui ajustait sa robe couleur de petit pois verts à croquer.

« Parfait ! » ajouta Marlène Dioras dont les cheveux roux prenaient leur envol d’hôtesse.

« Excellent » termina Maryse Travin au corps sumique doté d’un charme fou et qui ne regrettait pas son bureau.

« On y va » dit Julia à toute cette petite troupe sensuelle dont l’esthétique talonnait le sublime.

Tatiana et Eléonore qui n’étaient pas malouines détestaient, comme d’habitude, le contact seins-maillots et pour ce faire, comme à l’ordinaire, elles déambulaient nues. Les cinq autres n’éprouvaient aucun gène et lorgnaient les formes rondes de leurs copines en espérant tôt ou tard se régaler de tant de somptuosité.

100_0500

« Nous ferons une comparaison tout à l’heure » dit Marlène Dioras qui marchait prés de Julia, devant le groupe.

« On vous emmène au château de Solesmes du XVIème siècle, pour la visite, j’ai demandé une visite privée, je connais la guide » dit Julia dont la jupe au couleur des yeux d’Adjani volait en tous sens. Laissant apercevoir, par un clin d’œil à la bouche de métro complice de Norma Jean, ses fesses rebondies et quasi Boteriennes.

« Elle est charmante et brillante, elle s’appelle Ernesta, sa conférence fait trois heures et sa circonférence est inoubliable, on ne s’ennuie jamais, la trois-cent treizième chambre devrait nous correspondre,

100_0498

il y a un lit de sept places sans compter la bande de sécurité ».

« Vous restez toute nues ? » demanda miss Podolie à l’adresse d’Adélaïde et de Tatiana, «  il fait chaud je vais vous accompagner »…

Posté par spacemat à 08:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 mai 2018

La piscine de Roubaix

 

   A Roubaix, les statues de femmes nues nous regardent, assises sur un haut de bloc de marbre blanc.Nos regards sont  plus blancs malgré la marche que les leurs, fantôme des cris d’enfants qui s’éclaboussent.

2802480140

 A Roubaix, tissé dans le textile bariolé des rêves, Van Dongen a laissé le fauve à l’eau sobre. A Roubaix, les cornes de Picasso sont plantées dans le Stark de  Saint Phalle.Couleur, couleur, couleur, couleur, couleur, couleur, couleur, couleur, couleur. Les nues  pensent comme Rodin d’ Augustes fractales de  lumière qui frisent  dans l’eau diamant.De petits enfants en costume blancs chatouillent  des tristesses insensées. Marc Chagall est venu, le papa de Mc Neil qui aimait le Rock ’roll, esquisse un vêtement, un décor, un coq, une chèvre allongées sur un rêve épais. Beauté d’ébène lisse et caressée dans l’angle d’un désir aveugle, grains des doigts sur la peau, une cabine déshabille  les poésies nues d’Apollinaire. Cocteau zyeute le coco de Chanel.Camille Claudel pose sur l’eau ses causeuses qui  manigancent et danse comme Matisse. Les anges de Chagall pleuvent, on danse à la naissance de la Tragédie autour d’un bouc mort... Dionysos a sa fiole grande ouverte et la foule comme à Capharnaüm se  pousse dans le reflet des eaux.

000_0326

 

 La Piscine de Roubaix, rue de l’Espérance, est vivante, au centre du monde.Il  est des salles où l’on Bouffe. Il est des salles où l’on vend. La vie, le Bordel, quoi !

Dans la houle d’un Wambrechies, tournant la tête, on a mis comme sorti du Bosc, la cafetière érectile de  Lautrec. Ces mots peignés comme l’incendie d’Elsa sur une aragonite en fleurs…

Commentaires
  • Texte superbe pour un lieu si prosaïque jadis, devenu l'un des plus beaux espaces qui soit grâce à la magie de l'art, à l'intelligence de ceux qui en ont fait cette splendide recréation (récréation ?).
    Le nom de Roubaix enfin associé à la beauté à l'état pur !
    Merci .

    Je relis ce com et la note et je me souviens avoir été gênée et d ' un autre avis . Habitant Lille à une époque j 'avais , bien sûr, été voir " ce musée " et je dois dire que moi qui suis si peu conventionnelle je fus choquée . Je trouvai l 'ensemble rococo , surchargé et je ne pus rien apprécier même l 'eau sans vraiment pouvoir comprendre pourquoi ? Peut être la présence de l 'eau appelle - t- elle quelque chose que je ne trouvai pas . 

  • Quand un jour dans un magasin de photocopie , il faut dire que c 'etait un jour spécial le 11 septembre de cette année là , j 'ai oublié laquelle , elles se suivent et se ressemblent souvent, un homme a côté de moi s ' exclama en me voyant passer sous la copieuse couleurs des documents que j 'enverrai , il me dit " C 'est où ça ? - chez moi sous mon lit , ils sont roulés , on les avait ... " Il était déçu ! Comment garder ça chez soi SOUS SON LIT ? Il me dit - nous étions à Lille , ce n 'est pas loin de Roubaix " A la piscine de Roubaix là ils seraient bien là ! " C 'est vrai qu 'au bord de l 'eau ... Mais il faudrait enlever tout ce qu 'il y a .
    Ce Musée est baroque ou rococo avec ses stucks . Peut- être le reverrai je autrement ? je ne sais . Comment puis je avoir eu ce sentiment si différent de celui d ' autres subjugués eux ? Et mon voisin de la photocopie donc
    Ballade Ininterrompue dormait sous mon lit . La Belle au Bois Dormant a bien dormi cent ans

Posté par spacemat à 09:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 mai 2018

about cat stevens

 

Maybe there's a world


I have dreamt of an open world
borderless and wide
where the people move from place to place
ans nobody's taking sides



greenfields, golden sands

100_0481




Green fields, golden sands
are all I need, are all I want
Let the wind blow hard I don't mind.

Posté par spacemat à 07:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]