Si je m’ennuie … Nous croisions la mort partout dans ce petit village monde, c’était là, c’était là,  partout …Toutes les consciences morales avaient sauté sur des mines.Toutes les autorités légitimes, compétentes avaient explosé par ces temps intempestifs et la force chimique. Parce que j’avais ouverts l’éventail hallucinant des comportements possibles.Si je m’ennuie par-delà les souffrances et les multiples misères :

Je tue ma voisine

Je rentre ici, je casse tout, je vole.

Nous  achetions  des colts maintenant en promo dans les  magasins, Victoire des Zorros, victoire des vengeances. Nous nous gavions de barbituriques et d'antidépresseurs payés par la pub sur des internets improbables. Automédications libres sur les plages psychiatriques. Le progrés était devenu merveilleux !

L’autre,  parlant fort d’au-delà dans des portes voix gris  «  mais réapprenons la marseillaise aux couleurs des sangs impurs abreuvant … »

Bourrons tous les lieux de passage de caméras et payons la Police nombreuse à distribuer généreusement les PV sur la route, "Ô la vitesse",  et installons les détecteurs de fumeurs délinquants …Les gens étaient perdus, les pousse-au-crime pleuvaient  …A la une des journaux qui s’ennuient  tant, grossissait comme une grenouille le petit cou de bœuf … «  Hé , hé , oyez … »

Si je m’ennuie je regarde le monde comme il est … grossissant à peine le trait. Tout est mort maintenant, plus personne n’avait  de solution et les boules de neige grossissaient, grossissaient, grossissaient. Maintenant, maintenant, maintenant, et l’élu au joli minois, parce qu’on se lâche désormais : « Hitler n’a pas tué assez de gens de voyages … ». En Amérique, au nord comme au sud, il le faisait à nouveau !

100_8168

Si je m’ennuie il brûlerait la mosquée, si je m’ennuie il  peindrait  des croix gammées sur des cimetières juifs ou musulmans. Si je m'ennuie, il dresserait les pelotons d’exécutions ... Si je m’ennuie il sortirait  sa carabine, il  descendrait  tout ce qui bouge, il  ne supporterait  pas le bruit dans la bulle de ses métros boulots... Si je m’ennuie bijoutiers, buralistes richous, sortez vos bijoux et il  tirerait  dans un rire …Les cibles étaient partout !

C' était,une société bienheureuse qui s’était construite à l’envers sans possibilité de reprendre, l' Histoire était massacrée dans les idéologies crasses. Nous avions tout perdu sauf l’Ennui qu’il fallait  … tuer …Non le changement n’était  pas pour maintenant sauf les 0.5 de croissance des possibles hasardeux, le silence des bêtes devenait aveuglant, dangereux. Ils n’avaient pas commencé par le rêve. L’Amour, le plus beau de nous, n’avait qu’eu à se taire, emporté par les fleuves en crue.Tout s'écrasait. L’Ethique et l’Amour, l’amour et l’éthique gisaient dans les cimetières sous la lune. Nous piétinions les hommes comme des fourmis vulgaires. On réchauffait les guerres de toujours dont le Droit s’était dissout dans la nouvelle chimie et les redressements durables.

C’était un petit village : « Pourquoi pas moi se disait l’ennuyé.. » . Le sombre, la nuit gagnaient, mais gagnaient, grignotaient nos humains.

Les piscines du monde avaient des deuxièmes, des troisièmes fonds et bien sûr il fallait descendre encore et encore, comme on s’ennuie, atteindre l’extase des fonds de chemises de grande bleue/noire, ivres des fonds. Et il  sonnait trompette, ergots rouges sur les roches laides des universités titaniques.