Le danseur s’était élancé comme une étoile dans le firmament. Du sol,  son élan avait été merveilleux et tout son corps, comme un crayon écrivant sur une page blanche – qui n’était autre qu’un espace à mille dimensions – chantait dans ses muscles tendus. Le dessin, le tableau miroitait une œuvre d’art aux reflets scintillants. La haut comme deux hirondelles virevoltant amoureuses notre  regard était attiré. Il dansait : aucune contingence ne le retenait, il réussissait l’exploit de ne plus regarder, le sol n’existait plus. Son corps, tel un esprit, planait, indifférent à la plaine et loin du monde. Les spectateurs avaient des yeux d’enfants brillants, pour un rien ils rejoindraient ses ailes déployées et légères. Une légèreté, en effet, comme une feuille d’automne, libre dans le ciel des possibles. Danser au delà du bruit comme une thèse posée dans un lieu ailleurs. Il dansait et l’attraction ne faisait plus son œuvre : le temps suspendu dans le silence d’avant les mots, dans le silence d’avant le bruit, dans le silence. Le silence était partout, même la mer s’était tue. La vague était la haut, silencieuse, seul son gris-vert allumé ! Maintenant tout dansait ! la contagion

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, comme un liquide dans une paille absorbé. Dansait la Beauté et signait maintenant l’artiste quand les « bravos » pleuvaient.