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« Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » Fis-je, abîmé dans mon Fourrier qui n’en finissait pas d’étaler ses équations. Nous n’étions pas amis et pourtant je tentais un rapprochement symptomatique de petite Désirade. C’est vrai qu’à force de tourner nue dans notre petit « deux pièces », de dormir ensemble, faute de place, le bois entre nous fondait, se fendillait tout doucement comme un père-noël sur un petit hiver un peu réchauffé sur le pré vert.

 

« Moi ! » fit elle, sans complexes alors que son petit ventre de moineau dansait sans voile dans le style égyptien d’une Terpsichore de Mahfouz mais sans le diamant dans son nombril nomade que j’imaginais suave.

 

« Ah, j’ai faim, quelle heure est-il ? Déshabillez-vous. » Fis-je.

 

« C’est fait ! » dit-elle en éteignant la lumière artificielle et laissant par la fenêtre, entrer la lune noctiluque. Elle avait un petit côté ver-luisant ma coloc, une jeune fille luminescente, comme un « morceau de soleil » bourré d’énergie à la Bobin.

 

Dans son petit coin, le petit Jésus sur sa croix en bakélite qu’elle avait eu en cadeau, s’était laissé aller à une érection fière et décorative à la Billbergia. Mais très vite, la belle se mit à crier si fort que le crucifix se fracassa en crissant, « père pourquoi, m ‘as –tu abandonné ? »…